Eco-culture, Engagement, Ecriture, Eco-poésie, Musée de l’arbre, Musique traditionnelle, Expositions, Formation, Contes et Epopées, Théâtre, Spectacles, Forums, Conférences, Débats … Tous ces supports sont autant de relais que j’utilise pour créer un environnement propice à la réflexion et à la création artistique.

HISTOIRE :

Du temps de notre enfance, les valeurs de la communauté s’harmonisaient parfaitement avec les génies de la terre et de la forêt, les arbres étaient souvent bien plus respectés que certains individus. Cela s’expliquait sans doute par le savoir originel qui selon le cycle des créations Bantu place les arbres au-dessus de l’humanité telle que décrit par la cosmogénèse qui fonde la culture et la spiritualité des peuples animistes.

C’est à dire après les corps gazeux, les liquides, les solides terre et minéraux, l’homme est le dernier né, fait de terre, d’air et de végétaux, ses éléments sont sa matière organique initiale et il en conserve l’essentialité y compris la morphologie.

L’homme se dresse debout autant qu’un arbre, sa tête, son tronc et ses membres sont préfigurés par le sommet de l’arbre qui tend à s’élever vers les cieux. Les pieds du marcheur se retrouvent enracinés dans le sol nourricier. Comme pour l’homme, l’équilibre de l’arbre résulte donc de l’osmose entre ces éléments initiaux.

Il ya moins de cinquante ans les saisons nourrissaient la communauté et en retour les villageois vénéraient la nature à travers des chants, des rites, des danses, des sacrifices et des modes de vies respectueuses des écosystèmes. Nos grands-parents savaient déchiffrer les clémences et les colères de l’orage, et lisaient les tons de l’arc-en-ciel. Ma grand-mère pouvait ainsi prédire le temps qu’il ferait demain ou le mois d’après.

C’est en 2006 que, motivé par son instinct traditionnel, Samy MANGA entame un travail de recherche entre la création artistique et valeur environnementale. Ayant bien évidement compris et expérimenté l’agressivité du capitalisme, le commerce abusif des ressources fossiles et les retombées des polluants qui détruisent la planète à grand pas.

Entre 2006 et 2011, Samy MANGA séjourna dans les zones rurales du Cameroun, en l’occurrence dans son village Etoutoua pour écrire sur la beauté des ruisseaux, des arbres, des plantes médicinales, la vitalité animalière et la sérénité des atmosphères végétales et leurs rapports avec les humains.

En 2012 Samy MANGA retient l’attention de l’éditeur Artdéclic basé en France avec son manuscrit intitulé « Les Acapella du Bois-sculpture sur poésie » une démarche poétique et sculpturale qui sacralise le bois dans son essence primordiale.

L’Eco-poésie était née, un style, une écriture totalement dédiée à l’écologie et à la biodiversité. L’artiste marquait là son militantisme en faveur de la forêt. Dans cet ouvrage Samy MANGA décrit les rapports vitaux qui unissent l’humanité aux arbres, il sublime les saisons et les vertus de la nature verte. Il revendique l’agriculture biologique et les récoltes paysannes, il béatifie les montagnes et la densité des forêts vierges dont les fruits de son enfance ne lui ont laissé qu’un vague souvenir papillaire.

Aujourd’hui il existe de moins à moins de forêts vierges, la plupart des essences médicinales et les vieux arbres qui représentaient le poumon des peuples autochtones ont été abattus. Les territoires de la population animalière ont été diminués de façon drastique avec la déforestation et l’augmentation des surfaces arables.

Des petits insectes aux grands animaux, tous ont vu leurs terres polluées par des pesticides, fongicides et autres fertilisants chimiques qui tuent gravement les sols.

Dans ses articles et ses ouvrages, Samy MANGA fustige grandement la société de consommation encouragée par les responsables politiques. L’incivisme écologique des multinationales qui influence et encourage la dégradation de l’environnement par les citoyens. Avec ce souci majeur de porter haut son message d’harmonie écologique, c’est alors que lui vient l’idée de fonder une association qui permettrait d’agir légalement et juridiquement en faveur de cette cause.

C’est ainsi qu’en janvier 2013 après une mobilisation forte entre paysans, artistes et hommes de culture portant tous les mêmes convictions, l’Association des Eco-poètes du Cameroun voit le jour. Ce n’est que le 5 octobre 2015 qu’elle se voit octroyer la déclaration légale d’exercer portant sur la Loi N° 90/053 DU 19 DECEMBRE 1990 sur la liberté d’association au Cameroun.

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